Bamako, le 1er juin 2026 – La salle de réunion du Cabinet du Premier ministre a servi de cadre, ce lundi matin, au lancement d’un séminaire de formation de haut niveau axé sur les procédures nationales de passation, d’exécution, de contrôle et de règlement des marchés publics et des délégations de service public. Prévue pour durer cinq jours (du 1er au 5 juin 2026), cette initiative de premier ordre réunit les cadres du Cabinet du Premier ministre et les représentants des services rattachés à la Primature.
Un enjeu financier et social colossal pour le pays
C’est sous la présidence du Ministre Directeur de Cabinet du Premier ministre, Monsieur Mahamadoun Touré, et en présence du Président de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics et des Délégations de Service Public (ARMDS), Monsieur Alassane Ba, que la cérémonie d’ouverture s’est déroulée devant un parterre de membres du Cabinet du Premier, des responsables des Services relevant de la Primature, des membres du Conseil de Régulation et cadres de l’ARMDS.
Dans son allocution introductive, le Président de l’ARMDS a d’emblée rappelé l’importance vitale de la commande publique en martelant qu’elle dépasse le simple cadre comptable. « La Commande Publique, ce n’est pas que des chiffres. Ce sont des routes, des écoles, des vies », dira-t-il. Avant de dévoiler des indicateurs financiers vertigineux pour l’année 2025. A le croire, le Mali a consacré plus de 1 074 milliards FCFA à l’attribution de 7 424 marchés publics. Signe d’une souveraineté économique accrue, près de 90 % de cette enveloppe (soit 967 milliards FCFA) provient directement du budget national, marquant une progression fulgurante de 59 % par rapport à l’exercice précédent. Une fierté nationale qui impose néanmoins, selon lui, une « responsabilité immense » car la moindre erreur procédurale pénalise directement le citoyen.
La Primature au cœur de la performance publique
Présidant l’événement au nom du Chef du Gouvernement, le Ministre Directeur de Cabinet a insisté sur le fait que la maîtrise de ce cadre réglementaire est une nécessité absolue pour le personnel de la Primature, considéré comme « le centre d’impulsion de l’action gouvernementale ».
Faisant suite aux sessions de septembre 2023 et juin 2025, cette formation, troisième du genre, s’inscrit en droite ligne de la vision impulsée par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta qui, à titre rappel, a placé la bonne gouvernance, la redevabilité et la préservation des deniers publics au centre de l’agenda politique national.
Monsieur Touré a rappelé qu’en vertu des attributions légales de l’ARMDS, le renforcement des compétences et l’évaluation des performances du système public sont indispensables pour éliminer les goulots d’étranglement administratifs.
Cinq jours pour traquer les failles du terrain
Tant du côté du régulateur que de la Primature, le mot d’ordre donné aux participants est clair: refuser la théorie pure et privilégier le pragmatisme. Durant toute la semaine, accompagnés par un facilitateur émérite et des experts chevronnés, les cadres vont décortiquer l’ensemble du cycle de la commande publique.
Avant de déclarer officiellement les travaux ouverts, Monsieur Mahamadoun Touré a tenu à saluer le professionnalisme et la disponibilité des équipes de l’ARMDS ainsi que de la commission d’organisation. Fort d’un historique de plus de 6 000 acteurs déjà formés à travers le territoire national (de Kayes à Kidal), l’ARMDS prouve une nouvelle fois que la modernisation de l’Etat passe inévitablement par le savoir et la rigueur de ses cadres.